Ces temps-ci en résidence …
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Quoi qu'on pourrait le penser, les semaines se succèdent et ne se ressemblent pas ! Musiciens, comédiens, régisseurs, coachs, danseurs... se suivent dans nos infrastructures et travaillent d'arrache-pied dans l'espoir de pouvoir très bientôt vous retrouver.
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Anne De Clerck
Anne De Clerck, peintre, en résidence 2025-2026.
DE Clerck joue avec les mots entre signe et sonorité et avec les images entre forme et représentation, naviguant dans ce champ des possibles des interprétations.
L’artiste vous propose « il pleut », une image librement inspirée d’un vers du Poème calligramme* de Guillaume Apollinaire.
« Il pleut des voix de femmes comme si elles étaient mortes même dans le souvenir
c’est vous aussi qu’il pleut merveilleuses rencontres de ma vie ô gouttelettes
et ces nuages cabrés se prennent à hennir tout un univers de villes auriculaires
écoute s’il pleut tandis que le regret et le dédain pleurent une ancienne musique
écoute tomber les liens qui te retiennent en haut et en bas »
Calligrammes, Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916), Mercure de France, 1918 (p. 62).
Cette image parmi une multitude d’autres créations, issues de ses recherches chénéenne, sont à découvrir à l’occasion de son exposition intitulée : « ERRE » qui se tiend jusqu’au 24 avril 2026.
ERRE est un mot chargé de significations qui retranscrit l’approche et les recherches d’Anne De Clerck. Ci-dessous, découvrez, entre les lignes, les motivations et préoccupations de l’artiste.
ERRE :
- C’est la vitesse acquise par un bateau après l’arrêt des moteurs, il poursuit son chemin en inertie, déviant de sa route au grès des courants, au hasard du vent.
- C’est la trace du gibier, du cerf, il s’agit de suivre les pas de quelqu’un, de choisir de l’imiter ou de suivre son propre chemin. « Rien ne pousse à l’ombre des grands arbres », dit Constantin Brancusi en décidant de quitter l’atelier d’Augustin Rodin. C’est aussi l’idée de la transmission.
- C’est un mot palindrome**, ….
- C’est : Errer : aller au hasard, à l’aventure, vagabonder, se laisser porter.
- Si on considère son homonyme c’est prendre l’air, se vider la tête.
*Calligramme : Un calligramme est un poème dessiné, la disposition des lettres, des vers forme un dessin qui est généralement en rapport au sujet. Apollinaire l’a popularisé, affranchissant les lettres de leur alignement, comme il a libéré les mots de leur ponctuation. Découvrez ici ses calligrammes : https://publicdomainreview.org/collection/apollinaire-s-calligrammes-1918/ (@oli peux tu générer un QR code ?)
** Un palindrome est un mot ou groupe de mots qui peut se lire indifféremment de gauche à droite ou de droite à gauche en gardant le même sens. « « Ressasser » est le mot palindrome le plus long de la langue française. « Et si l’arôme des bottes révèle madame, le verset t’obsède, moraliste ! » est la plus grande phrase palindrome composée par Alain Damasio. Le plus grand palindrome en texte a été écrit par Georges Perec et est composé de 1247 mots soit 5566 lettres.
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Karine Assima
En résidence 2026, Karine Assima a étudié à l’Ecole des Arts d’Ixelles et à l’Académie des Beaux-Arts de Liège. Elle est diplômée en peinture et poursuit sa formation en pratiques expérimentales. La peinture a constitué une porte d’entrée qui l’a menée vers une pratique artistique plurielle qui décloisonne et croise les pratiques artistiques. Ainsi son travail s’achemine sur plusieurs fronts et sous différentes formes : installation, vidéo, sculpture, performances, musique (avec le projet Burn Out Club*). Karine multiplie les liens et les projets, on ne crée pas seule, elle a besoin de ces rencontres et de cette dynamique de groupe. Avec Coralie De Rop, elles ont créée l’Armande, un lieu atypique, une péniche amarrée Quai Godefroid Kurth, dédié à la recherche et à la création, mais c’est une autre histoire.
Sa recherche est avant tout une rencontre avec la matière, où elle aborde les thèmes de la transparence par envie de s’écarter du mur et de laisser passer la lumière. Ainsi, elle inscrit ses réalisations dans l’espace et scénographie ses interventions. Dans « sec », les matières organiques et végétales se rencontrent : des structures en papier de riz recouvertes de colle d’os de bovin sont suspendues dans l’espace, elles abritent des mini diffuseurs (piezo) et captent la présence du spectateur. Le public est invité à toucher et à rendre l’œuvre sonore. Ces interactions modulent les sons qui composent une texture sonore. Pour la performance, à la Galerie Centrale, il s’agissait de voir comment les performeuses interagissent avec les sculptures, comment corps réel et matière inerte pouvaient réagir.
Karine a installé son atelier au Centre culturel pour l’année 2026, le résultat de son travail sera visible à l’occasion d’une exposition au Centre culturel du 4 novembre au 10 décembre 2026. Sauvez la date : vernissage : mercredi 4 novembre 2026 à 18 h.
« Ainsi, il existe une ambivalence dans le rapport que nous entretenons avec notre peau, notre corps, c’est le fil rouge de ma démarche artistique.
Cette ambivalence englobe plusieurs concepts tels que solidité/fragilité, mouvement/inertie, bruit/silence, contenant/effondrement, bord/passoire et plus globalement, la dualité vie/mort. » (Karine Assima)
« À travers l’installation, la sculpture et la peinture, j’aime travailler avec l’ambiguïté,
incitant les spectateur.rice.s à s’interroger sur la naturede ce qu’iels voient. Face aux œuvres, nous pouvons discerner ce qui pourrait évoquer des veines, des entrailles, de la chair.
Est-ce d’origine animale ou humaine ?
La question reste ouverte. La forme ne prime pas sur le propos. En effet, l’importantest le ressenti face à l’œuvre. Reconnaître ou comprendre ce que
l’on regarde ne fait pas partie de ma démarche. » Karine Assima
Plus d’infos, des choses à voir et à entendre : https://www.karineassima.com/, https://www.burnoutclub.be/,
* Le Burn Out Club est une collective sonore qui rassemble Karine Assima (piezo et effets sonore), Eglantine Chaumont (voix, cailloux et branches), Coralie De Rop (guitare), Estelle Gathy (voix et thérémine) et Gastone Jane (boîte à rythme, voix enregistrées, synthé modulaire). « Iels expérimentent autant des protocoles d’improvisation, que des façons de faire collective, de faire corps, de faire son commun. »
Recherches sonores et travail de résidence @Karine Assima.
Crédits image : Karine Assima, Cimetière Blanc, performance Coralie De Rop & Catherine Barsics dans le cadre de l’exposition dans l’Espace Jeunes Artistes au Musée de La Boverie (Liège, 2025). Photo : Eglantine Chaumont
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6 juin : Cocons.
Cocons, une installation sera à découvrir dans les arbres aux alentours du Centre culturel le samedi 6 juin à l’occasion de Chêne en fête.
« Les cocons se décomposent au fil du temps et sont alors mis à nu par l’évolution de la nature et les intempéries. Les moisissures entament la peau et donnent de nouvelles couleurs aux œuvres. Puis, le papier se déchire et laisse apparaître la carcasse. Les fils pendent et renvoient à des sensations étranges de liquéfaction. Plus rien ne tient. Sans la peau qui entoure le cocon, tout tombe au sol petit à petit, jour après jour. Au moment où il ne reste presque plus rien et où la nature a repris le dessus, ce qui reste du cocon semble alors, paradoxalement, en faire partie. L’installation et son environnement ne font plus qu’un. Elle fait partie du cycle que suppose la vie et la mort. Une fois déposés dans les arbres, les cocons sont comme une offrande. L’achèvement de mon travail marque le début de leur vie et je deviens alors spectatrice de leur lente disparition. » Karine Assima